Nous sommes les grands perdants

    Le ministère a transmis aux organisations syndicales un projet de décret et d’arrêté qui modifieraient le système de l'appréciation de la valeur professionnelle des enseignants « par la mise en oeuvre d'un entretien professionnel et des modalités d'avancement d'échelon par l'introduction d'un mécanisme de réductions d'ancienneté ». Le projet ministériel consiste à centrer l’évaluation des professeurs sur un entretien professionnel conduit par le chef d’établissement tous les 3 ans. Ainsi, la progression de carrière serait dans les mains du chef d’établissement qui serait l’évaluateur unique des personnels enseignants, CPE et Co-Psy. Malgré son incapacité à évaluer le travail pédagogique concret des enseignants dans leur enseignement disciplinaire dans leur classe, le chef d’établissement serait seul chargé de l’évaluation des personnels. Ainsi dans le second degré, la fin de la double évaluation reviendrait à reléguer au dernier plan ce qui constitue le cœur du métier, à savoir le travail en classe avec les élèves, dénaturant ainsi profondément nos métiers de l’éducation. C'est le cœur du métier enseignant, l'activité dans la classe, qui est marginalisé.

A compter de 2015, le rythme d’avancement pour tous serait le rythme actuel de l’ancienneté, soit le plus lent. Les personnels ne pourraient bénéficier d’accélération de carrière que sur proposition du seul chef d’établissement.

Les détachés enseignant à l’étranger seraient les grands perdants.

- Aggravation de l’autoritarisme grandissant des chefs d’établissements à l’étranger : mise en concurrence des collègues entre eux, risque de subjectivité allant du copinage jusqu'au règlement de compte, survalorisation des activités"visibles" au détriment des activités d'apprentissage en classe.

- Fin probable de l’avancement au rythme le plus favorable.

- Fin de l’avancement automatique tous les 3 ans des collègues promus à la hors classe.

Le ministre organise un véritable passage en force. Le SNES considère ce projet inacceptable comme une agression contre les personnels et leurs métiers et appelle à la grève le 15 décembre prochain pour « exiger le retrait des projets de texte sur l'évaluation ».

Pour que Éducation Nationale redevienne une priorité,

Il faut renforcer notre outil de défense collective, le syndicat.

SYNDIQUEZ-VOUS,

FAITES ADHÉRER au SNES.