DÉCLARATION LIMINAIRE AG DU DS 01/06/2026
Mesdames et Messieurs, Malgré nos alertes répétées, nos déclarations liminaires, nos arguments, malgré les boycotts d’instances et les différentes formes de mobilisation engagées par les représentants des personnels, nous n’avons constaté aucune réelle écoute et aucune étude sérieuse ne semble avoir été initiée concernant la dégradation sensible des conditions de travail et du pouvoir d’achat, pourtant largement constatée et subie par les personnels. Cette absence de réponse et de prise en considération suscite aujourd’hui chez les personnels une profonde incompréhension et un fort sentiment de mépris de la part de leur administration.
Aujourd’hui, nous nous réunissons une nouvelle fois avec un ordre du jour qui, il faut le dire clairement, apparaît en total décalage avec la réalité du terrain et l’urgence de la situation actuelle. Certes la composition de l’Assemblée générale du dialogue social est à revoir, les points relatifs au RIT sont encore à étudier et la mise en place du groupe de travail sur la qualité de vie au travail doit se concrétiser mais cela ne peut constituer des réponses suffisantes face au malaise profond que vivent les personnels comme en témoigne par exemple le doublement du nombre d’arrêts de travail sur le pôle Rabat-Kenitra entre 2024 et 2025.
Mesdames et Messieurs, l’urgence aujourd’hui, ce sont les personnels : leurs conditions de travail, leur pouvoir d’achat, leur reconnaissance et leur avenir au sein du réseau. Ce ne sont ni les ajustements de textes ni la composition des instances qui répondront à la crise sociale actuelle.
Par ailleurs, malgré la mise en place d’un groupe de travail consacré à la qualité de vie au travail, aucune avancée significative n’a, à ce jour, vu le jour pour améliorer concrètement la situation des agents.
Au contraire, les exigences professionnelles continuent de s’alourdir sans reconnaissance réelle des personnels. Dans le même temps, des modifications du RIT remettant en cause plusieurs acquis sociaux essentiels sont désormais envisagées, malgré les nombreuses alertes adressées localement, au SCAC comme à la Direction générale de l’Agence.
Les mouvements de grève ponctuels observés dans plusieurs établissements du réseau AEFE, ainsi que les appels récents à la mobilisation sur le pôle de Casablanca traduisent le profond malaise des personnels. Les tensions se multiplient dans les établissements et des situations de conflits apparaissent dans quasiment tous les établissements que nous visitons.
Dans ce contexte, notre départ de l’instance précédente apparaît aujourd’hui pleinement justifié face à un dialogue social à l’arrêt, qui ne peut se limiter à des échanges sans réponses concrètes ni engagements effectifs de l’administration.
Nous tenons également à le dire avec force et conviction : sans moyens financiers à la hauteur des enjeux sociaux et humains, aucun dialogue social ne peut fonctionner pleinement ni répondre aux attentes légitimes des représentants des personnels comme des agents eux-mêmes. Le dialogue social ne peut être réduit à un exercice formel ; il doit s’accompagner de mesures concrètes, de moyens réels et d’engagements budgétaires assumés.
Nous tenons également à rappeler qu’une institution ne peut fonctionner durablement sans une attention sincère portée à celles et ceux qui la font vivre au quotidien. L’écoute, la reconnaissance et la considération des personnels doivent être au cœur des responsabilités de chacun, à tous les niveaux de décision.
Nous rappelons également qu’au-delà de la loyauté institutionnelle envers la tutelle, une attention et un engagement tout aussi sincères doivent être tournées vers les personnels, à leurs réalités de terrain et à leurs difficultés quotidiennes. Une institution équilibrée ne peut fonctionner durablement sans cette considération et cette loyauté à l’égard des personnels.
Nous souhaitons donc rappeler les principales revendications portées par les personnels.
Pour les personnels de droit local, nous demandons :
- Une revalorisation du point d’indice, discutée avec les représentants du personnel et indexée sur le coût de la vie,
- Une revalorisation des grilles salariales,
- La régularisation des anomalies liées à l’ancienneté au sein des grilles salariales,
- Une prise en compte réelle de la hausse des frais de scolarité ainsi que le maintien de l’abattement pour nos futurs collègues retraités,
- La revalorisation des primes, notamment l’ISAP et la prime informatique,
- Une amélioration des statuts et des conditions de travail,
- L’attribution de la prime de suivi aux CPE et la mise à jour de leurs obligations réglementaires de service.
Pour les personnels détachés, nous demandons :
- Le paiement de l’ensemble des indemnités statutaires,
- Une réforme juste et équitable de l’avantage familial,
- Une refonte de l’ISVL,
- L’abandon de la limitation de durée du détachement ainsi que des avis défavorables injustifiés,
- La revalorisation des droits de première inscription,
- L’attribution de la prime de suivi aux CPE.
Par ailleurs, les représentants syndicaux tiennent à exprimer leur vive préoccupation face à l’utilisation récurrente du discours relatif à la maîtrise de la masse salariale comme principal argument opposé aux revendications des personnels, mais également face à la suppression progressive de postes non enseignants, parfois en contournant, d’après nous, les textes réglementaires et à leur remplacement par des dispositifs de sous-traitance.
Mesdames et Messieurs, le cadre légal est pourtant clair en la matière : chaque départ à la retraite doit faire l’objet d’un appel à candidatures, et toute restructuration touchant les personnels doit donner lieu à une véritable concertation équilibrée entre l’administration et les représentants des personnels, et non à une simple consultation formelle sans réelle prise en compte des avis exprimés.
Nous sommes pleinement conscients des contraintes budgétaires et des impératifs de gestion auxquels l’administration peut être confrontée. Toutefois, nous refusons que cette notion soit systématiquement utilisée pour freiner les promotions, retarder les recrutements, limiter les augmentations légitimes ou repousser toute amélioration des conditions de travail.
Depuis plusieurs années, les personnels consentent à des efforts importants dans un contexte marqué par l’augmentation constante de la charge de travail, la pression des objectifs et la hausse continue du coût de la vie. Malgré cela, leurs attentes demeurent sans réponses satisfaisantes.
Nous rappelons que les ressources humaines constituent la première richesse de toute institution. La recherche de l’équilibre financier ne peut se faire au détriment de la reconnaissance du travail accompli, de la motivation des agents et du respect des engagements sociaux.
Les représentants syndicaux réaffirment ainsi leur attachement à un dialogue social responsable, transparent et constructif, fondé sur l’écoute mutuelle et la recherche de solutions équilibrées conciliant impératifs de gestion et droits légitimes des travailleurs.
Nous espérons sincèrement que cette réunion permettra enfin d’ouvrir des échanges sérieux, argumentés et constructifs afin d’aboutir à des réponses concrètes aux préoccupations exprimées par les personnels. À défaut, nous le déclarons dès à présent : il sera difficile pour les représentants des personnels de continuer à siéger dans une instance qui ne répond ni aux urgences sociales ni aux attentes légitimes des agents.
Mesdames et Messieurs, nous vous remercions de votre attention.
